Retour à l’activité partielle, pas de prime d’intéressement 2021, mais un caprice

Les élus et élues du CSE Publihebdos ont participé aux deux réunions CSE qui se sont tenues par visio-conférence les 23 et 25 mars 2021.

Mardi 23 mars, les élus et élues CFDT étaient conviés à une réunion extraordinaire du CSE/SSCT pour se prononcer sur l’actualisation du plan de reprise d’activité et de recours à l’activité partielle à Publihebdos.

Activité partielle à Publihebdos

A la suite des annonces du Premier ministre concernant un nouveau confinement dans 16 départements à compter du 20 mars 2021, un état des lieux a été effectué, plusieurs journaux de Publihebdos étant concernés.

La direction a choisi d’agir « par précaution ». Il a donc été décidé de fermer dès à présent les accueils.

Un impact négatif en matière de publicité et d’annonces légales est craint sur les journaux gratuits, même si ceux du Havre et de Rouen ont pu normalement sortir aux dates prévues.

Les journalistes des gratuits pourraient donc être également concernés par de l’activité partielle, comme les personnels des ateliers et imprimeries, même s’il ne s’agirait vraisemblablement pas d’activité partielle à 100%.

Un salaire maintenu à 100 %

Le dossier, approuvé à l’unanimité par les élus du CSE, tel qu’il sera déposé à la Direccte, concernera la période du 20 mars au 30 avril 2021 pour un périmètre couvrant toute la zone de l’entreprise.

Il y est fait état de 172 personnes potentiellement concernées pour un total maximal de 172230 heures.

Depuis le mois de janvier 2021, la situation sanitaire a eu tendance à se détériorer au sein de Publihebdos avec la découverte d’un cluster dans une rédaction avant un léger mieux.

Comme lors des deux précédents confinements, la direction a indiqué poursuivre le maintien intégral du salaire.

Quel avenir pour les titres en difficulté ?

Les élues et élus CFDT, toujours soucieux de la préservation de l’emploi au sein de Publihebdos, ont souhaité recevoir des informations sur le devenir des journaux en difficulté depuis plusieurs mois, voire années.

Le sort de plusieurs journaux a ainsi été évoqué avec à chaque fois, la même réponse : « Il n’est pas question de fermer boutique ».

Le directeur délégué a ainsi confirmé que le bassin de vie d’un journal du Calvados était tourné vers la région caennaise et que par conséquent, le contenu de ce journal serait enrichi par des informations de la région de Caen.

Les autres journaux à la santé précaire connaissent, semble-t-il malgré un effectif constant, un résultat meilleur que le prévisionnel après parfois un repositionnement sur le coeur de cible.

Une riposte qui inquiète

Un état des lieux des journaux gratuits était demandé ; la direction fera un retour après ce troisième confinement.

Cependant, un point a retenu l’attention des élus et élues de la CFDT : à savoir l’arrivée sur l’Orne d’un mensuel gratuit de la Manche Libre par le biais de Tendance Ouest.

Deux élues CFDT se sont interrogées sur la pertinence de la riposte de Publihebdos qui a décidé de sortir un gratuit « à la va vite » pour le début avril.

La direction a indiqué qu’il s’agirait d’un « one shot » pour asseoir la position historique de nos journaux sur ce département très couvert par Publihedbos avec des hebdomadaires à Argentan, Alençon, L’Aigle, Mortagne, Flers, Domfront.

La question du contenu est épineuse pour les élues et élus CFDT qui verraient d’un très mauvais oeil cette nouvelle tâche échoir aux journalistes déjà fort occupés par leurs journaux respectifs.

La direction s’est voulue, une nouvelle fois, rassurante, arguant du fait que les journalistes ne seraient pas en première ligne, « la réaction des trois éditeurs concernés a été unanime pour mener cette opération », a conclu la direction sans emporter l’adhésion des élues CFDT.

L’ensemble des élues et élus CFDT veillera à ce qui ne semble être qu’un «caprice de Publihebdos »ne soit pas une charge supplémentaire pour les journalistes déjà écartelés, au-delà du raisonnable, entre print et web.

Prime dite Macron

La direction a annoncé que le sujet de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (dite Prime Macron) avait été abordé le matin même dans le cadre des NAO et qu’elle se poursuivrait dans ce cadre.

La date butoir pour un tel versement est encore inconnue.

Dans le même temps, la direction a réaffirmé l’absence de prime d’intéressement cette année.

Congés, RTT : des soldes importants à ne pas perdre

Concernant la prise des RTT et congés payés, la direction reconnaît que les soldes sont plus importants que les années précédentes pour cause de Covid peu propice aux poses de vacances. La direction a rappelé que les CP devaient être pris avant le 31 mai tandis que les RTT se considéraient sur l’année civile. « S’il existe une tolérance à reporter les CP, il est expressément demandé de les prendre durant l’exercice suivant au risque de les perdre » a-t-elle averti.

Télétravail à revoir

Après les discussions sur un possible accord sur le télétravail, négociations dont la CFDT s’est retirée après que la direction de Publihebdos a dit ne pas vouloir aller au-delà de 20 jours de télétravail par an, l’heure n’est plus à l’urgence. «  Nous sommes toujours et encore pour un bon moment dans un télétravail dans un contexte sanitaire ». La direction a proposé de rouvrir les discussions au moment de la sortie de crise afin d’aller soit vers un accord soit vers une charte.

Chèques vacances papier ou connectés

Les chèques vacances sont reconduits cette année pour un montant de 180 euros avec une participation de 50 euros pour l’essentiel des salariés contre 60 euros pour les cadres, rédacteurs en chef et rédacteurs en chef adjoints.

Les chèques, pour la première fois, seront soit connectés soit papier. Le retour des salariés devra être effectué pour le 12 mai dernier délai pour une remise vraisemblablement courant juin.

Les critères d’attribution sont une présence dans l’effectif au 31 mars depuis au moins trois mois ou pour les CDD six mois durant les deux dernières années.

Paywall

L’idée d’un Paywall n’est pas abandonnée mais le développement actuel concerne « Mon actu », une phase en mode connecté qui permettra de personnaliser l’expérience utilisateur. Disponible courant juin, il permettra ensuite la mise en place d’offres avec du contenu payant.

Le prochain CSE se tiendra le 22 avril 2021 avec la troisième réunion NAO le matin.

Les élues et élus CFDT PUBLIHEBDOS

Négociations annuelles obligatoires à Publihebdos : acte 1

Chaque année, la direction de l’entreprise réunit les représentants syndicaux pour recueillir des demandes précises pour l’année à venir. C’est l’occasion de revendiquer par exemple des augmentations générales de salaires, plus de tickets restaurants,… en fonction des documents officiels sur l’entreprise que la direction est « censée » nous communiquer. Censée, car malgré nos sollicitations en janvier, nous n’avons pu obtenir par exemple les tableaux sur les salaires 2020 dans l’entreprise (encore moins celui sur les augmentations individuelles).

Cette année particulière, la visioconférence a remplacé les réunions en présentiel et ce vendredi 12 mars 2021, seuls les élus Info’Com-CGT et CFDT ont répondu présent à l’appel pour exposer leurs doléances regroupées dans une pétition commune.

Augmentation générale et prime

Les représentants syndicaux Info’Com-CGT et CFDT demandent ainsi cette année une augmentation de 200 euros pour les salaires inférieurs à 2 500 euros (brut), et une augmentation de 100 euros pour les salaires de plus de 2 500 euros.

De même, «comme l’intéressement ne devrait pas être déclenché cette année» selon Francis Gaunand, et alors que les salariés de Publihebdos n’ont pas eu de prime Macron en 2020, les représentants du personnel enjoignent à la direction de substituer une prime d’intéressement de 2 000 euros.

En effet, si l’entreprise a maintenu les salaires à 100% pendant le chômage partiel l’année dernière, tous les salariés, que ce soit en télétravail ou en présentiel, ont donné beaucoup de leur énergie et de leur temps pour s’adapter et travailler différemment afin de sortir de beaux journaux malgré tout, afin de maintenir de bons scores d’audience sur le web, coûte que coûte.

La journée de solidarité en cadeau

La cyber-attaque de fin d’année a d’autant plus fragilisé les travailleurs qui ont dû faire preuve encore une fois de flexibilité et de disponibilité, sans compter les heures et l’énergie à s’arracher les cheveux quand les outils ne fonctionnent plus correctement.

Le pouvoir d’achat des salariés est d’autant plus malmené qu’en situation de télétravail sanitaire « forcé », la direction refuse de prendre en charge les frais domestiques liés au travail à la maison 5 jours sur 7.

Par ailleurs, les représentants Info’Com-CGT et CFDT de Publihebdos revendiquent que soit offerte à l’ensemble des salariés du groupe la journée de solidarité (lundi de Pentecôte).

Pour cette première réunion, la direction a pris note de nos demandes : les négociations se poursuivront.

jeudi 25 mars 2021…
Les élus Info’Com-CGT et CFDT de Publihebdos

Télétravail à Publihebdos : pourquoi la négociation a-t-elle fait pschitt

A la demande d’un certain nombre de salariés qui ont pris goût au télétravail induit par la crise sanitaire depuis bientôt un an, les représentants du personnel de Publihebdos ont demandé l’ouverture d’une négociation dans l’entreprise, afin d’envisager des droits (et des devoirs) pour les salariés volontaires de poursuivre le télétravail au sortir des restrictions liées au Covid.

Pour nos organisations syndicales Info-Com CGT et CFDT, qui représentent l’ensemble des métiers à Publihebdos, il ne s’agit pas de favoriser l’isolement des personnes en télétravail mais bien de laisser la possibilité de pouvoir travailler entre une et trois journées par semaine, selon les souhaits du salarié, avec un maximum de flexibilité.

Publihebdos ne veut pas payer

Pour nos deux organisations, le travail en entreprise doit garder ses prédispositions créatrices de lien social. La présence sur son lieu de travail et les interactions avec les collègues (hors Covid) doivent apporter un épanouissement personnel de l’individu. Mais l’entreprise doit aussi s’adapter à son temps et profiter des moyens numériques qui permettent le travail à la maison, si, bien sûr il est choisi par le salarié et permis dans de bonnes conditions.

Mais la direction de Publihebdos ne l’entend visiblement pas de cette oreille : depuis le départ, elle semble freiner des quatre fers pour le télétravail, acceptant bon gré mal gré l’ouverture de discussions sur le sujet. De quoi lui permettre de revendiquer sans vergogne d’être « ouverte au dialogue social ». Mais dans dialogue, il y a normalement la notion de duo. Or, la direction n’entend pas les attentes du terrain que nous relayons haut et fort.

Déjà en temps de Covid, le télétravail est censé être la règle pour tous, et ce depuis plusieurs mois maintenant. Interrogée sur cette question en réunion à plusieurs reprises, la direction de Publihebdos refuse de prendre en charge les frais engendrés par ceux qui travaillent tous les jours à domicile (chauffage, électricité, abonnement Internet…), arguant que le télétravail pour raisons sanitaires n’est pas de leur fait. N’en déplaise à la ministre du Travail Elizabeth Borne, qui préconise pourtant que le télétravail ne doit pas coûter aux travailleurs contraints de rester chez eux…

La direction prétexte que les salariés font des économies de déplacement, et c’est sans doute vrai pour certains, mais quid des frais de route qui ne seront plus à déduire de la déclaration de revenus ? Devons-nous nous contenter d’espérer que les frais de chauffage soient aussi déductibles des impôts cette année ? D’autant que côté Urssaf, qui préconise un barème de prise en charge de 10 € par mois pour un jour télétravaillé par semaine (20 € pour 2 jours/semaine, 30 € pour 3 jours/semaine, etc.), ces indemnités sont exonérées de charge pour l’entreprise. Certes, la direction de Publihebdos subit comme tout le monde le télétravail « sanitaire », mais c’est bien avec leurs deniers personnels que les salariés payent la régularisation de leurs factures domestiques.

Pas d’accord sur le nombre de jours

Deuxième point de désaccord : le nombre de jours de télétravail. Si les représentants du personnel s’accordent sur le concept de forfait annuel (à l’instar des CP), ils veulent néanmoins que l’accord régisse vraiment le télétravail, et non pas seulement une simple latitude à pouvoir travailler de chez soi de temps en temps. La CFDT et Info-Com CGT se sont fixé un seuil minimum de 40 jours par an, soit l’équivalent d’un jour par semaine (compte tenu des congés). Mais la direction reste braquée sur 20 jours, acceptant généreusement de monter à 25 si on insiste un peu, mais pas mieux, se contentant de constater que c’est déjà mieux que rien.

Cette politique « tiédasse » menée par la direction de Publihebdos dès qu’il s’agit d’améliorer le bien-être au travail n’a que trop duré. Dans ces conditions, aucun accord ne sera signé par nos organisations dans l’entreprise, qui s’auto-congratulera néanmoins d’avoir pu établir… une « charte » sur le télétravail, sur la base du travail en commun que nous avons réalisé ensemble depuis le début de l’année sur le sujet. Mais une simple charte, qui n’a aucune valeur juridique, se contentera juste de faire jolie sur l’étagère du fameux « dialogue social » soit-disant cher à Publihebdos. Au risque de prendre la poussière…