Au CSE de Publihebdos : novembre n’est pas le mois des cadeaux…

Au CSE de Publihebdos : novembre n’est pas le mois des cadeaux…

Si une grande partie du CSE de Publihebdos, ce mercredi 24 novembre 2021, a été consacré à la présentation du rapport d’expertise de Syndex, et a fait l’objet d’un avis des élus qui sera diffusé avec le compte-rendu de la réunion en décembre, quelques points portaient sur l’organisation du travail et le fonctionnement du groupe.

Covid 19 : pas de télétravail en vue

La première question d’actualité a concerné la 5e vague de la covid 19, qui inquiète légitimement les élus du CSE et pourrait de nouveau avoir des répercussions sur l’organisation du travail.

Pour l’heure, considérant que 90% des personnels doivent être vaccinés, Publihebdos n’envisage pas de faire appel à davantage de télétravail, mais va rappeler les règles toujours en vigueur sur le port du masque dans les locaux et le respect de la distanciation sociale.

Si des salariés sont déclarées « cas contact », deux options seront envisagées : si la personne n’est que cas contact et que son test PCR est négatif, il n’y aura pas de mise à l’isolement ; par contre, si la personne vit avec quelqu’un de son entourage atteint du virus, elle devra observer un isolement de 16 jours avec, selon le poste occupé, soit la mise en place du télétravail, soit une mise en arrêt maladie. Cela sous réserve d’autres dispositions qui pourraient, dans les jours à venir, être prises par le Gouvernement.

Informatique : le groupe visé par de nouvelles attaques

De la sécurité sanitaire à la sécurité informatique, il n’y avait qu’un pas. La direction a rappelé que l’entreprise a encore fait l’objet d’une tentative d’attaque récemment et invite les salariés à suivre les modules de formation proposés.

Il a été mentionné que de nombreux salariés ont été surpris par la mise en place, avec peu d’explications, de la double identification pour se connecter à la boîte mail par SMS. La possibilité de ne subir ce contrôle qu’une fois tous les 90 jours en limite cependant la contrainte et, selon la direction, serait une sécurité de plus. Qui n’empêchera pas les tentatives d’intrusion par « cheval de troie », mais verrouille un peu plus le système… Qu’on se le dise !

De la pub qui ne dit pas son nom sur les réseaux sociaux ?

Le monde merveilleux du Digital, c’est aussi actu.fr, sujet de bien des discussions au sein du CSE.

Les élus CFDT ont été alertés par plusieurs rédactions sur une tendance à multiplier les posts publicitaires sous les marques des journaux de Publihebdos sur les réseaux sociaux, sans que ceux-ci soient toujours bien identifiés comme tels. Ce qui aurait comme conséquence de saturer les « timeline » des fans et pourrait, à terme, discréditer le travail des rédactions.

Pour la direction, il faut différencier les posts publicitaires et contenus sponsorisés qu’ils soient sur Facebook ou Instagram. Sur Facebook, la direction rappelle que les « contenus sponsorisés » – c’est leur nom – n’apparaissent pas sur les fils des pages et ne viennent donc pas « perturber » les posts de la rédaction. Sauf que ces posts se retrouvent bien diffusés sur les TL des fans et, au-delà, sur celles des internautes dont le profil a été sélectionné… Concernant Instagram, ces posts publicitaires – identifiés comme « partenariat rémunérés avec… » – se retrouvent bien sur le fil de la page et se succèdent parfois à grande fréquence.

Les élus ont demandé à ce que ces publicités soient mieux présentées comme telles et que leur usage soit modéré, alors que ce genre de messages rédactionnels payants sont appelés à se multiplier.

Le mélange des genres, C’est à Cherbourg

On s’inquiètera au passage du statut de « communauty managers » imposé aux rédacteurs du journal gratuit « C’est à Cherbourg », lesquels ne bénéficient pas de la Convention collective des journalistes. Un choix là encore assumé par la direction de Publihebdos, qui estime que ce journal tourné vers les « bons plans » est constitué de reprises de posts de réseaux sociaux, mais qui, pour les élus du CSE, est le signe d’une dérive et d’un mélange des genres entre rédactionnel et publicité, qui ne peut que dégrader la crédibilité du travail des journalistes et demande la plus grande vigilance.

Les accords d’entreprise doivent être respectés

Des dérives, on en constate d’autres de la part de certains éditeurs, qui peinent visiblement à appliquer les accords d’entreprises.

Ainsi, pour la deuxième fois, il a été évoqué au CSE le cas de primes de remplacement d’un rédacteur en chef absent (prime de bouclage) non versées – ou versées partiellement – par une éditrice. Or, la règle est simple et non discutable : en l’absence du (de la) rédacteur (trice) en chef, le ou la journaliste qui le ou la remplace a droit à une prime de 90€ par bouclage, quelle que soit la durée de l’absence du ou de la chef(fe) concerné(e). On espère donc que cette situation anormale va se régler et qu’il ne faudra pas y revenir une troisième fois avant une action aux Prudhommes !

Salaires : une augmentation de branche

Enfin, il a été évoqué l’accord de branche récemment signé en PHR qui a abouti à une augmentation des salaires en deux temps : +1,3% au 1/11/2021 puis 0,3% au 01/02/2022. Mais Publihebdos ayant, via la NAO, anticipé cette augmentation de branche à hauteur de 0,8%, nos salaires ne vont augmenter que de 0,5% au 1/11/2021 et de 0,3% au 1/02/2022. Des hausses insuffisantes aux yeux des élus qui ont rappelé que la hausse du coût de la vie, selon les derniers chiffres de l’INSEE, est de 2,6% hors tabac. Et de demander l’ouverture rapide des NAO au sein de Publihebdos, novembre n’étant visiblement pas le mois des cadeaux.

Pour toute question, n’hésitez pas à vous rapprocher de vos élus CFDT du CSE.