juin 2022

  • Pas moins de 28 points étaient à l’ordre du jour de la réunion du CSE, mercredi 15 juin à Rennes, dont voici un résumé des grandes lignes.

    Demande de prime de pouvoir d’achat

    Compte-tenu de l’inflation galopante, qui est désormais de 5,2% sur l’année glissante, une demande prime de pouvoir d’achat a été portée par les élus, dont le principe a été rejeté par la direction qui rappelle que les salaires ont déjà été augmentés dans le cadre de la NAO (lire ici).

    Un accord de branche est en cours de discussion, avec proposition de +1,8% au 01/07 mise à la signature. Mais même si cet accord devait être validé, pour Publihebdos, seuls les salariés dont les revenus sont supérieurs à 4200 €/brut bénéficieront d’une partie de cette augmentation, puisque pour les autres, la NAO de Publihebdos, dont la deuxième tranche entre en application également au 1er juillet, est mieux-disante…

    Les élus ont donc demandé à la direction d’appliquer l’accord de branche et d’accorder les +1,8% à l’ensemble des salariés de l’entreprise. Ce qui a été également refusé.

    Pour justifier son refus, la direction met en avant l’augmentation des charges (avec notamment des inquiétudes sur le prix du papier) et de mauvais résultats sur la publicité.

    Si l’inflation continue à ce rythme, le sujet devrait être remis à l’ordre du jour du CSE du mois de septembre, accompagné d’une demande de « revoyure » exceptionnelle.

    Soirées électorales

    Le point sur la validation d’une journée de travail entière pour les journalistes ayant suivi les soirées électrorales (présidentielle et législatives) a été remis à l’ordre du jour après l’interpellation de la direction par les élus CFDT et CGT (lire ici).

    Pour les élus, la journée électorale doit être comptabilisée comme journée entière, considérant que la plupart des journalistes mobilisés sont en veille durant toute la journée et que leur travail effectif dépasse le plus souvent les six heures.

    Selon la direction, la note adressée aux éditeurs ne concernait que les journalistes qui n’auraient pas été fortement mobilisés sur ces élections, avec seulement quelques heures de travail ; c’est dans ce cas qu’une demi-journée de travail aurait pu être comptée, et non pas une journée entière.

    Il a aussi été rappelé par la direction que si l’éditeur modifie la feuille de présence, seul document qui fait foi de l’activité du journaliste, il doit en discuter et informer les intéressés.

    Dates de modulation

    Pour l’exercice allant du 23 mai 2022 au 21 mai 2023, les heures seront payées avec les bulletins de juin.

    Jour de solidarité

    Dans le cadre de la Journée de solidarité (lundi de Pentecôte), Publihebdos verse 0,3 de sa masse salariale brute. Pour la plupart des salariés du groupe, cela reste un jour férié, mais les bénéficiaires se voient alors retirer une journée de modulation, une RTT ou un CP. Seuls les salariés de la SEPR bénéficient d’un usage qui a été maintenu : cette journée ne leur est pas décomptée.

    Kélio

    La dématérialisation des feuilles d’activité et relevés d’heures se poursuit via Kelio et bientôt le support papier devrait être supprimé. Ce chantier sera confié à un(e) RRH SIRH (Responsable des ressources humaines, système d’information de gestion des ressources humaines) dont le recrutement est en cours et que devrait rejoindre la DRH en septembre. L’évolution de l’outil devrait ainsi permettre la dématérialisation des notes de frais, des PV d’entretiens annuels et professionnels et permettre l’accès direct aux salariés à divers documents.

    Problèmes Mélody

    Pannes, lenteurs, ralentissements. Mardi 31 mai en milieu d’après-midi, les bouclages ont été vraiment compliqués. Il ne s’agissait pas vraiment d’une panne, mais de lenteurs qui ont posé bien des difficultés d’autant que le phénomène s’est poursuivi le lendemain matin avec des serveurs ne fonctionnant pas à plein régime.

    Un autre problème a été signalé le mardi 7 juin, avec de nouveau des ralentissements, dus à un antivirus mis sur les serveurs.

    Enfin lundi 13 juin, les utilisateurs ont subi une très grosse panne, due à un problème d’indexation de la base de donnée.

    La direction reconnait les problèmes et fait état de « discussions de plus en plus serrées et tendues » avec le prestataire.

    Il a été décidé de l’ajout d’un serveur physique supplémentaire, la mise en archives d’actu ne se fera plus en journée, mais la nuit.

    Le prestataire va lancer un chantier pour évaluer l’hébergeur.

    « A chaque fois que l’on autorise plus de choses sur un carton, on complexifie le code », explique la direction qui indique aussi que les journaux l’utilisation d’inDesign serait aussi plus forte (pages ouvertes, reprises) pour Publihebdos que pour les autres clients du prestataire.

    L’été devrait être mis à profit pour améliorer la stabilité du système.

  • Les élus CFDT et CGT ont interpellé la direction afin que le travail des journalistes qui ont couvert les soirées électorales de la Présidentielle, soit valorisé au-delà d’une simple demi-journée de récupération, comme cela était spécifié dans une note aux éditeurs.

    Dans sa réponse, Publihebdos reconnaît que sa note de service envoyée le 17 mai dernier était “sans doute incomplète” et ne couvrait pas l’ensemble des situations.

    Si nous estimons que les salariés au forfait-jour n’ont pas de compte à rendre sur leur nombre d’heures effectives, la direction distingue visiblement ceux qui, pour la Présidentielle, ont travaillé “une partie de la soirée”, des autres qui ont travaillé toute la soirée… Sans plus de précision.

    Nous savons que la sacro-sainte “conscience professionnelle” des journalistes de Publihebdos pousse souvent certains d’entre nous à ne pas compter leurs heures et travailler plus que ne le prévoient la loi et la raison. C’est pourquoi nous trouvons la réaction de la direction des plus sournoises. Combien d’entre nous, journalistes, assurons des réunions ou conseils municipaux le soir après une journée de travail, sans pour autant déclarer une journée et demie de travail supplémentaire ? Combien sommes-nous à travailler le week-end pour s’avancer sur un bouclage, sans “demander son reste” ? Combien sommes-nous à publier des liens sur Facebook pendant nos temps de repos ?

    Nous réitérons notre demande à la direction de faire preuve de clairvoyance et invitons les journalistes concernés par le travail les dimanches d’élection à se rapprocher de leur éditeur pour demander des comptes sur leurs cas personnels. Car la direction, manifestement, laisse les éditeurs seuls juges des situations individuelles : “Selon le degré d’implication (…), il appartient à l’éditeur de fixer les modalités de récupération”.

    Nous demandons expressément aux journalistes qui jugeraient qu’une demie journée de récupération imposée par leur éditeur ne serait pas suffisante, de nous faire remonter leur situation, afin de les aider et d’alimenter le débat prévu mercredi 15 juin prochain en CSE, où ce sujet a été inscrit à l’ordre du jour. En se rappelant que le DRH l’a bien précisé dans son courrier de réponse : “Pour un journaliste assurant l’intégralité de la couverture de la soirée électorale, une journée de travail complète lui sera décomptée ».

  • Par une note de service datée du 17 mai 2022, la DRH de Publihebdos recommande aux éditeurs et directeurs de n’accorder qu’une demi-journée de récupération aux journalistes qui auraient été amenés à suivre les soirées électorales.

    Les élus F3C-CFDT et Infocom-CGT contestent cette décision et estiment que ce temps de travail doit être considéré comme journée travaillée.

    L’accord d’entreprise sur la réduction et l’aménagement du temps de travail conclu le 9 juillet 2001 dispose en effet que « les journalistes bénéficient d’une rémunération forfaitaire en contrepartie de l’exercice de leur mission. Leur temps de travail sera décompté en nombre de jours travaillés » (page 17). Certes, page 18, il est fait mention d’un éventuel décompte en demi-journée de travail effectif, mais cela semble difficilement en accord avec l’esprit de la loi relative au forfait jour.

    Pas de minimum d’horaire à la journée de travail dans la loi

    Notre accord reconnait en effet que compte tenu de leur mission, les journalistes ne sont pas soumis à l’horaire collectif (une disposition qui, au passage, mériterait d’être rappelée à bien des éditeurs et rédacteurs en chef), et que « les horaires ou la durée du travail ne peuvent être prédéterminés ». Il n’appartient donc pas à l’éditeur ou au rédacteur en chef d’apprécier de l’amplitude de travail fourni ce jour-là.

    Il n’y a pas non plus d’horaires minimum imposés dans la loi aux salariés en forfait jour. On peut donc en déduire que lorsque le journaliste estime qu’il a fini son travail, sa journée est terminée.

    Généralement, les journalistes de service les soirs d’élection prennent leur poste à la fermeture des bureaux de vote, vers 18 heures. Et veillent souvent jusqu’à 23 heures ou minuit, afin de publier les analyses et commentaires des scrutins. Avec une telle amplitude de service, il n’est pas raisonnable de parler de demi-journée de travail ; d’autant que certains auront déjà publié en cours de journée les taux de participation pour actu.fr, voire un premier papier d’ambiance…

    Ajoutons que le forfait-jour ne peut non plus être toujours à sens unique et les journalistes qui trop souvent enchaînent de longues journées de travail, pour assurer le bouclage et couvrir un conseil municipal par exemple, ne récupèrent pas une journée et demi…

    Pour ces raisons, nous demandons à la DRH d’abroger cette note et de donner comme consigne aux éditeurs de considérer que tout journaliste ayant travaillé un soir d’élection peut valider sa journée de travail.