Soirées électorales : les élus CFDT et CGT demandent que ces journées soient considérées comme “travaillées”

Soirées électorales : les élus CFDT et CGT demandent que ces journées soient considérées comme “travaillées”

Par une note de service datée du 17 mai 2022, la DRH de Publihebdos recommande aux éditeurs et directeurs de n’accorder qu’une demi-journée de récupération aux journalistes qui auraient été amenés à suivre les soirées électorales.

Les élus F3C-CFDT et Infocom-CGT contestent cette décision et estiment que ce temps de travail doit être considéré comme journée travaillée.

L’accord d’entreprise sur la réduction et l’aménagement du temps de travail conclu le 9 juillet 2001 dispose en effet que « les journalistes bénéficient d’une rémunération forfaitaire en contrepartie de l’exercice de leur mission. Leur temps de travail sera décompté en nombre de jours travaillés » (page 17). Certes, page 18, il est fait mention d’un éventuel décompte en demi-journée de travail effectif, mais cela semble difficilement en accord avec l’esprit de la loi relative au forfait jour.

Pas de minimum d’horaire à la journée de travail dans la loi

Notre accord reconnait en effet que compte tenu de leur mission, les journalistes ne sont pas soumis à l’horaire collectif (une disposition qui, au passage, mériterait d’être rappelée à bien des éditeurs et rédacteurs en chef), et que « les horaires ou la durée du travail ne peuvent être prédéterminés ». Il n’appartient donc pas à l’éditeur ou au rédacteur en chef d’apprécier de l’amplitude de travail fourni ce jour-là.

Il n’y a pas non plus d’horaires minimum imposés dans la loi aux salariés en forfait jour. On peut donc en déduire que lorsque le journaliste estime qu’il a fini son travail, sa journée est terminée.

Généralement, les journalistes de service les soirs d’élection prennent leur poste à la fermeture des bureaux de vote, vers 18 heures. Et veillent souvent jusqu’à 23 heures ou minuit, afin de publier les analyses et commentaires des scrutins. Avec une telle amplitude de service, il n’est pas raisonnable de parler de demi-journée de travail ; d’autant que certains auront déjà publié en cours de journée les taux de participation pour actu.fr, voire un premier papier d’ambiance…

Ajoutons que le forfait-jour ne peut non plus être toujours à sens unique et les journalistes qui trop souvent enchaînent de longues journées de travail, pour assurer le bouclage et couvrir un conseil municipal par exemple, ne récupèrent pas une journée et demi…

Pour ces raisons, nous demandons à la DRH d’abroger cette note et de donner comme consigne aux éditeurs de considérer que tout journaliste ayant travaillé un soir d’élection peut valider sa journée de travail.